Fleurs de peau
07/02/2018

« L’Avortement d’un journal » enveloppé par « Anatomía de la piel » ………… Livre à paraître fin avril 2019

Te tatouer. Te pénétrer. Te devenir. M’écorcher. T’écorcher. Te vivre. Te sentir. Te devenir. Te continuer. Te vibrer. T’embrasser. Te brasser. Te remuer. Te prendre. T’écorcher. T’éplucher. Te pénétrer. Te pornographier. Te répéter. T’accoucher. Te surprendre. Me suspendre. Suspendre le flot de mes veines. Te suspendre. À ton propre corps. À toi-même.
Emprunter ta peau.
Porter ta peau.
Et celles que tu ne connais pas.
Et celles que je ne connais pas.


 

/// LIVRE À PARAÎTRE EN AVRIL 2019 ///

« L’AVORTEMENT D’UN JOURNAL » enveloppé par « ANATOMÍA DE LA PIEL »
Une création, avant de devenir œuvre, est chemin. De nombreuses fois, ce projet a navigué au bord de son avortement et a fait matière de ses ratages. Le résultat final regroupe deux œuvres poétiques : une littéraire, l’autre graphique. Que s’est-il passé ? Comment ne pas retomber toujours dans la répétition du Même qui cannibalise l’autre, l’expulse, l’avorte ? Deux œuvres nous invitent ici à un voyage aussi intime qu’épidermique, peut-être parce que, comme disait Paul Valéry, « le plus profond, c’est la peau ». Au bord de la fracture d’une peur, au milieu d’une journée d’endives, les désirs font naufrage, les attentes échouent, et pourtant un toucher sauvage à la légèreté d’un cil sème encore la révolte. La rencontre. Fracassée, elle continue. L’une dans les bras de l’autre, les deux œuvres nous invitent à feuilleter ce livre comme une marguerite : un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout. Passionnément.
On ne choisit pas ce qui arrive. Seulement peut-être comment le vivre. Courage.


« L’Avortement d’un journal »
retrace l’expérience d’une fausse couche. L’expérience d’un corps qui ne retient pas sa « création » et celle de sa narratrice qui essaie, à travers l’écriture, de reprendre la main sur un choix. Mais ce qui aurait dû n’être qu’un journal intime s’apparente à un recueil de poèmes, et ce qui aurait dû n’être qu’un récit de fausse couche semble réécrire l’histoire d’un avortement. Les formes ici oscillent sans arrêt entre ce qu’elles auraient dû être et ce qu’elles arrivent à devenir. Toute la dramaturgie du texte nous plonge dans une lutte de soi à soi, à la recherche de l’autre. Un autre qui est constamment là, déjà là, au plus profond de soi, et pourtant sans arrêt expulsé, vidé, au point de n’être rien… comme seule manière de naître. C’est à dire de renaître, moi et toi. De nos cendres.

« Anatomía de la piel » est un poème graphique qui explore le corps d’un événement dans la matière d’un toucher. Un poil, un cil, une forme en métamorphose, comme autant d’organes de sensibilité et de personnages errants… sur une peau tantôt réfractaire, tantôt hypersensible, tantôt apaisée ou sensuellement irritée. Mais une peau toujours poétique, poétiquement maladroite et obstinément poétique.


Prix : 15€ (frais de livraison inclus)
Pour passer commande
 : 07 81 58 30 14 (Léa Stijepovic) ou phictions@gmail.com

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Une certaine expérimentation dans le format d’édition ouvrira plusieurs sens de lecture, le poème graphique invitant le lecteur ou la lectrice à un autre chemin de lecture que celui impulsé par le texte.

La conception graphique du livre-objet est issue de la collaboration entre le collectif Phictions et l’entreprise Guibert+Cazin designers (http://www.guibertcazin.com)

Au-delà de l’édition et de la diffusion du livre, le Collectif Phictions propose d’animer des ateliers pour faire partager le projet lui-même mais aussi l’expérience associative qui y est adossée, notamment autour des thèmes de l’avortement et de la fausse couche.


 

Extraits

13/01/17

Un jour peut-être
J’arriverai à enlever la couche de cellophane qui enrobe ce monde en décomposition
Décomposer mes relations de pouvoir
Me dresser contre la décomposition de l’humanité
À l’intérieur de moi
Enlever ma couche de cellophane
Revêtir ma vie comme une seconde peau
Et essayer de me déposer sur la tienne
Sans savoir qui tu es vraiment
Ni qui je suis

27/03/17

Me vider de ton sang
Utérus-volcan
Sentir progressivement que tu n’as jamais existé
Qui es-tu ?
Me convaincre que tu n’as rien été
Tu n’étais même pas désiré
Déchirement de mes muqueuses
Implosion souterraine
À l’intérieur de moi
Ne pas penser qu’au fond de moi c’est Hiroshima

Tu peux à nouveau entrer
Toi
Viens, tu peux à nouveau rentrer
Ravage
Sentir ce vide qui se déchaine
À l’intérieur de moi
À l’intérieur de moi – une partie de
Ton sang ravage
Ravage -Moi

11/o4/17

Je suis une machine
à écrire
Et une partie de moi mourra
Quand je n’aurai plus besoin de dire
De te dire
Mécaniquement
Et une partie de moi est en train de mourir
Sur ce papier là
Pour te regarder vraiment

 

07/05/17

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Mes orteils ne cèderont pas
Mes ongles sur les orteils ne cèderont pas Ma plante de pied ne cèdera pas
Mes chevilles ne cèderont pas
Mes mollets ne cèderont pas
Mes genoux ne cèderont pas
Mes cuisses ne cèderont pas
Mon cul ne cèdera pas