Fleurs de peau
07/02/2018

Avortement d’un journal – livre à paraître

Te tatouer. Te pénétrer. Te devenir. M’écorcher. T’écorcher. Te vivre. Te sentir. Te devenir. Te continuer. Te vibrer. T’embrasser. Te brasser. Te remuer. Te prendre. Me pendre. À toi. Pénétrer ta peau. Tes veines. Contaminer ton sang. Défaire nos organes. Défaire nos tableaux. Nos certitudes. Nos habitudes. T’écorcher. T’éplucher. Te pénétrer. Devenir un de tes poils. T’épiler. Te pornographier. Te répéter. T’accoucher. Détruire une partie de moi. Te surprendre. Me suspendre. Suspendre le flot de mes veines. Te suspendre. À ton propre corps. À toi-même. Te durer. Te continuer. Te regarder. Te revêtir. Te durer. TE DURER.
Emprunter ta peau.
Porter ta peau.
Et celles que tu ne connais pas.
Et celles que je ne connais pas.



L’Avortement d’un Journal
est un journal poétique illustré, explorant les différents sens du mot avortement. Ce recueil de poésies associe en un seul objet physique, la poésie des mots, des dessins, et une certaine expérimentation dans le format d’édition (21 cm en hauteur x 8 cm en largeur, reliure japonaise, assemblage non juxtaposé du texte et des images).

Le texte évoque l’expérience d’une fausse couche imposée par un corps. Un corps qui ne retient pas sa « conception » alors qu’une narratrice essaie, à travers les mots, de reprendre la main sur un choix. 

Pourquoi « Avortement d’un journal » pour parler d’une fausse couche?

Ce recueil de poèmes aurait pu être un journal. Si l’auteure avait bien maîtrisé son sujet et sa forme. Mais tout ici devient oscillation. Avortement et fausse couche tissent le corps du texte, comme une menace constante à tout entreprise créative, à tout collectif phictif, à toute solitude peuplée de rencontres. 

Peut-être aussi parce que les vrais choix sont faits des mêmes matériaux que les désirs. Et parfois, ce qui nous effraie le plus, c’est de réaliser nos désirs. Calmes comme la tempête…

Les dessins ont été pensés non pas comme un complément secondaire à l’écriture, mais comme une deuxième écriture, apportant une autre lecture du texte. Ils n’illustrent pas  le propos mais proposent une histoire propre et invitent le lecteur à entrer dans un univers parallèle.

La conception graphique du livre-objet est issue de la collaboration entre le collectif Phictions et l’entreprise Guibert+Cazin designers (http://www.guibertcazin.com)

Au-delà de l’édition et de la diffusion du livre, le collectif Phictions propose d’animer des ateliers pour faire partager le projet lui-même mais aussi l’expérience associative qui y est adossée, notamment autour des thèmes de l’avortement et de la fausse couche.

 

/// LIVRE À PARAÎTRE EN FÉVRIER 2018 ///
pour passer commande
 : 07 81 58 30 14 (Léa Stijepovic) ou phictions@gmail.com

 

Extraits

13/01/17

Un jour peut-être
J’arriverai à enlever la couche de cellophane qui enrobe ce monde en décomposition
Décomposer mes relations de pouvoir
Me dresser contre la décomposition de l’humanité
À l’intérieur de moi
Enlever ma couche de cellophane
Revêtir ma vie comme une seconde peau
Et essayer de me déposer sur la tienne
Sans savoir qui tu es vraiment
Ni qui je suis

27/03/17

Me vider de ton sang
Utérus-volcan
Sentir progressivement que tu n’as jamais existé
Qui es-tu ?
Me convaincre que tu n’as rien été
Tu n’étais même pas désiré
Déchirement de mes muqueuses
Implosion souterraine
À l’intérieur de moi
Ne pas penser qu’au fond de moi c’est Hiroshima

Tu peux à nouveau entrer
Toi
Viens, tu peux à nouveau rentrer
Ravage
Sentir ce vide qui se déchaine
À l’intérieur de moi
À l’intérieur de moi – une partie de
Ton sang ravage
Ravage -Moi

11/o4/17

Je suis une machine
à écrire
Et une partie de moi mourra
Quand je n’aurai plus besoin de dire
De te dire
Mécaniquement
Et une partie de moi est en train de mourir
Sur ce papier là
Pour te regarder vraiment

 

07/05/17

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Mes orteils ne cèderont pas
Mes ongles sur les orteils ne cèderont pas Ma plante de pied ne cèdera pas
Mes chevilles ne cèderont pas
Mes mollets ne cèderont pas
Mes genoux ne cèderont pas
Mes cuisses ne cèderont pas
Mon cul ne cèdera pas